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La russier contre attaque

LE POINT SUR LA SITUATIONAlors que l'invasion russe de l'Ukraine entre dans son septième jour, le choc se fait désormais ressentir avec une pression croissante mais différenciée sur les actifs risqués au niveau mondial.Au cours du week-end, l'Union européenne a introduit une série de sanctions financières sévères, dont l'exclusion de certaines banques russes du système de paiement international SWIFT.La situation en Ukraine ajoute à l'incertitude géopolitique mondiale, ce qui complexifie l’action des banques centrales qui avaient commencé à lutter contre les pressions inflationnistes croissantes.Le conflit aura un impact sur la croissance ainsi que sur la confiance des consommateurs et investisseurs dans un environnement toujours plus inflationniste. Malgré un niveau d’activité élevé avant l’invasion, le risque de stagflation au niveau mondial est désormais plus élevé (le facteur inflation se renforce tandis que le facteur croissance s'affaiblit).Les banques centrales seront confrontées au dilemme de la décélération de la croissance à un moment où les États devront financer de nouvelles dépenses (transition énergétique, défense…), et où l'inflation s'emballe. Elles devront naviguer entre la lutte contre l'inflation, le soutien à l'économie et la gestion des spreads (écarts de rendements entre les obligations souveraines, en particulier au sein de la zone euro). Enfin, nous assistons également à une nouvelle réévaluation des primes de risque mondiales, ce qui signifie que les actions des banques centrales seront encore plus importantes.Avant l'escalade du conflit, nous avions déjà revu notre exposition à la Russie :Nous pensions que les marchés n'évaluaient pas le pire scénario envisageable, à savoir une attaque en règle de l'Ukraine.Nous avons pris il y a 10 jours environ la décision de vendre la quasi-totalité de notre exposition au rouble et d’adopter une position plus prudente sur le crédit (les obligations d’entreprises), et les marchés actions.Nous nous attendons à ce que la volatilité1 reste élevée et nous continuerons donc à maintenir des positions prudentes ou sous-pondérées par rapport à nos indices de références.En particulier :- Concernant les obligations mondiales, nous maintenons notre préférence pour la duration2 courte, car nous ne pensons pas que le moment soit propice à une augmentation de la duration, compte tenu des tendances inflationnistes actuelles. En ce qui concerne le crédit, nous pensons que la sélectivité reste essentielle et nous nous attendons à une nouvelle discrimination entre les différents émetteurs.- En ce qui concerne les actions, nous restons relativement sous-pondérés, et nous pensons que l’appétit pour les actions « value » (décotées par rapport à leurs pairs) va se poursuivre. Nous restons prudents à ce stade sur les actions de croissance, notamment celles non-profitables, estimant que les valorisations sont encore chères.- Au sein des marchés émergents, la Russie est, selon nous, devenue « non-investissable ». En revanche, nous pensons que la Chine offre encore de bonnes opportunités de diversification.- Nous continuons à surveiller de près la liquidité sur toutes les classes d’actifs. Jusqu'à présent, les conditions de liquidité du marché résistent, à l'exception des actifs russes qui ont subi un impact direct.1 La volatilité indique l’amplitude de la variation, à la hausse comme à la baisse, de la valeur d’un titre ou d’un marché financier.2 La duration est exprimée en années et correspond à la durée de vie moyenne pondérée d'une obligation. Il s'agit d'un indicateur de la sensibilité aux taux d'une obligation. Lorsque les taux montent, les cours des obligations existantes baissent. Plus la duration est longue, plus l'impact d'une hausse des taux est négatif.