Espace sécurisé entreprise
Accédez à votre espace sécurisé entreprise et réalisez, en ligne, vos opérations collectives et vos mises à jour de signalétique salariés
Jeudi 11 juin 2026
Marchés Financiers
En mai, la conjoncture mondiale reste contrastée. Aux États-Unis, l’investissement lié à l’IA continue de soutenir la croissance, mais la consommation des ménages reste fragile et l’inflation persistante. En Europe, le choc énergétique pèse fortement sur l’activité et alimente un rebond de l’inflation. La Chine, de son côté, reste freinée par une demande intérieure faible et un secteur immobilier atone. Dans ce contexte, les banques centrales ont choisi de temporiser. Les marchés obligataires ont été volatils, se détendant partiellement à la faveur du cessez-le-feu au Moyen-Orient. Les taux souverains ont légèrement baissé en zone euro, tandis que le crédit est resté bien orienté. Les marchés actions ont été soutenus par la thématique de l’IA et les bons résultats du premier trimestre, avec une forte surperformance des valeurs technologiques aux États-Unis et en Asie, alors que l’Europe est restée plus en retrait. La Chine a terminé en baisse. Le Brent a fluctué avant de revenir autour de 92 USD le baril. Le dollar s’est renforcé et l’or est resté stable.

En zone euro, l’activité économique s’est dégradée en mai, pénalisée par la hausse durable des prix du pétrole et la perte de pouvoir d’achat des ménages. La croissance du PIB au 1er trimestre s’est établie à 0,8 % en glissement annuel, en net ralentissement par rapport aux 1,3 % du 4ème trimestre 2025. Les premières enquêtes pour les indicateurs avancés de mai envoient un signal préoccupant : le HCOB Composite PMI flash recule à 47,5 (contre 48,8 en avril), tandis que le HCOB Services PMI flash chute à 47,6 - son plus bas niveau depuis 62 mois, illustrant la détérioration rapide du secteur tertiaire, notamment en Allemagne. Le secteur manufacturier affiche une résistance relative, certaines entreprises ayant anticipé leurs commandes afin de sécuriser leurs approvisionnements avant d’éventuelles nouvelles hausses de prix. Cependant, la production industrielle a reculé de 2,1 % en mars en variation annuelle, dont -3 % pour Allemagne. La confiance des consommateurs progresse légèrement en mai, mais reste à un niveau très faible, les effets du choc énergétique n’étant pas encore totalement absorbés. Le taux de chômage de la zone euro est resté stable à 6,2 %. L’inflation a rebondi à + 3,0 % en glissement annuel (contre +2,6 % en mars), tirée par les prix de l'énergie qui bondissent de +10,9 % sur un an (contre +5,1 % en mars). L'inflation cœur, en revanche, ralentit légèrement à +2,2 % (contre +2,3 %), et les prix des services décélèrent à +3,0 % (contre +3,2 %), ce qui indique que la transmission aux prix sous-jacents reste pour l'instant limitée.

L’économie américaine envoie toujours des signaux contrastés, portée par la vigueur des investissements dans l’IA, tandis que la consommation des ménages s’essouffle. La deuxième estimation du PIB au 1er trimestre ressort à 1,6 % en rythme annualisé, en deçà de l’estimation initiale de 2,0 %. Les dépenses de consommation ont progressé de 0,5 % en avril, tandis que le taux d’épargne est tombé à 2,6 % du revenu disponible, traduisant un recours accru des ménages à leur épargne pour absorber le choc inflationniste. Le recul des ventes de logements neufs en avril illustre par ailleurs l’impact des niveaux de taux élevés. En revanche, les commandes de biens durables ont nettement dépassé les attentes, soutenues par la défense, les équipements industriels et les dépenses liées à l’IA. Les indicateurs avancés PMI(1) restent bien orientés : le S&P Global Manufacturing PMI progresse à 55,3 en mai contre 54,0 en avril, tandis que le Services PMI se modère légèrement à 50,9 contre 51,3, maintenant l’activité en expansion. Concernant le marché du travail, le taux de chômage reste stable à 4,3 %, mais les créations d’emplois ralentissent et les gains de productivité s’affaiblissent. Le rebond de l’inflation se confirme enfin, avec un Core PCE(2) à 3,3 % en avril contre 3,2 % en mars, les produits électroniques venant désormais s’ajouter aux pressions exercées par la hausse des prix de l’essence.

En Chine, l’économie reste globalement alignée avec l’objectif de croissance fixé par Pékin, autour de 4,5 % à 5 %, mais continue de faire face à plusieurs fragilités. L’inflation a accéléré en avril, tout comme les prix à la production, portés par la hausse des prix de l’énergie. Les exportations demeurent dynamiques, notamment dans les véhicules électriques et hybrides, tandis que le marché intérieur continue de se replier, traduisant un affaiblissement de la consommation privée et une certaine saturation du marché domestique. L’immobilier et l’endettement des collectivités locales restent par ailleurs des freins majeurs à la reprise. Dans ce contexte, la Banque populaire de Chine maintient une politique monétaire accommodante, avec des taux LPR à 1 an à 3,0 % et à 5 ans à 3,5 %, tous deux inchangés.
En mai, les grandes banques centrales sont restées globalement attentistes, dans un environnement de tensions inflationnistes toujours persistantes et d’un ralentissement plus marqué de l’activité en Europe. La Réserve Fédérale américaine a maintenu ses taux inchangés dans la fourchette 3,50 %–3,75 %, mais les minutes du FOMC(4) d'avril ont révélé un débat particulièrement animé, la décision ayant été la plus contestée depuis 1992. Aucune baisse de taux n'est désormais anticipée cette année. Du côté de l’Europe, la BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés, avec un taux de dépôt à 2,0 % et un taux de refinancement à 2,15 %, mais les marchés anticipent désormais deux à trois hausses de 25 points de base d'ici la fin de l’année.
Les marchés obligataires sont restés volatils. Après une phase de tension alimentée par la hausse des primes de risque géopolitique, ils ont bénéficié d’une détente partielle à mesure que les perspectives d’apaisement au Moyen-Orient se sont renforcées. Aux US, les taux ont d’abord corrigé à la hausse avant de se replier, le US Treasury 10 ans terminant le mois sous ses plus hauts (à 4,44 % en hausse de 7pb sur le mois), tandis que le 2 ans est repassé sous 4 %. En zone euro, le Bund a mieux performé, porté par les anticipations de ralentissement de fin d’année et a fini le mois à 2,94 % en baisse de 11pb.
Les spreads au sein de la zone euro se sont légèrement resserrés (-11pb sur l’Italie, -4pb sur la France). Le marché obligataire britannique a été très volatil, le taux Gilt 10 ans ayant remonté à 5,2 % dans un contexte de tensions au sein du Labor Party et du risque d’un retour à une politique budgétaire expansionniste, avant de retomber à 4,8 % en fin de mois (-20pb). Le segment « corporate investment grade » est resté bien orienté, grâce au soutien des marchés actions et à une recherche de portage persistante, malgré un arrière-plan de taux souverains encore instables.
Notre gestion :
Avec le maintien de la fermeture du détroit d’Ormuz et l’impact sur les données d’inflation, nous avons ajouté une stratégie de diversification en titres indexés sur l’inflation de la zone euro pour tirer parti de la hausse actuelle de l’inflation et se protéger contre un risque d’inflation plus durable. Nous conservons une légère sensibilité positive aux taux sur les maturités courtes, les hausses de taux de la BCE étant déjà largement intégrées dans les cours. Enfin, nos expositions sur le crédit investment grade, la dette émergente et la dette subordonnée bancaire nous permettent d’améliorer le taux de rendement de nos fonds.
Le marché actions est resté soutenu par la thématique de l’IA et par la forte croissance des bénéfices observée au 1er trimestre. Dans ce contexte, l’instabilité des taux d’intérêt et la perspective d’un éventuel durcissement des politiques monétaires ont été reléguées au second plan. Le MSCI ACWI a ainsi progressé de 4,4% en USD, porté par les valeurs de croissance et les marchés émergents (MSCI EM +7,8% en USD). Dès le début du mois, l’annonce d’un cessez-le-feu dans le Golfe a ravivé l’appétit pour le risque, entraînant un fort rebond du Nasdaq, qui a inscrit de nouveaux plus hauts et progresse de 10,4% sur la période.
Ce regain d’optimisme a particulièrement bénéficié aux semi-conducteurs et, plus largement, aux entreprises exposées à la chaîne de valeur de l’IA. Cette dynamique s’est également reflétée au Japon (Nikkei 225 +11,9%), à Taïwan (+17,5% en USD) et surtout en Corée du Sud, où le Kospi a bondi de 30% en USD. À l’inverse, la Chine a terminé la période en baisse, avec une correction de 2,9% du HSCEI (-5,5% depuis le début de l’année), dans un contexte de craintes persistantes quant à l’efficacité des mesures visant à limiter les surcapacités et la concurrence excessive, ainsi qu’au durcissement des droits de douane en Europe. Dans ce contexte, les performances européennes sont demeurées plus modestes, avec un Stoxx 600 en hausse de 2,4%, un DAX de 3,3% et un CAC 40 de 0,8%.
Notre gestion :
Dans un environnement de marché volatil, l’élan de croissance porté par le boom de l’IA et les investissements liés à l’indépendance énergétique conforte notre préférence tactique pour les actions technologiques américaines. Nous avons également renforcé notre diversification géographique en intégrant une exposition à l’Amérique latine. La zone combine des valorisations attractives et une exposition structurelle aux matières premières, constituant ainsi un vecteur de diversification face à l’engouement sur les semi-conducteurs. En parallèle, nous conservons nos convictions de moyen terme sur la zone euro à travers les thématiques de l’électrification et de la défense, et restons sous-pondérés sur les secteurs exposés à la consommation. Enfin, nous maintenons une surpondération sur les banques, compte tenu de bénéfices résilients et d’une valorisation qui demeure attractive.
(1) Indice PMI : PMI, pour Purchasing Managers Index, est un terme générique pour désigner des indices établis à partir d'enquêtes mensuelles auprès des directeurs d'achat des grandes entreprises des principales économies mondiales.
(2) L’indice « PCE cœur » correspond à l’indice des dépenses de consommation aux États-Unis corrigé des éléments les plus volatils de l’alimentation et de l’énergie.
(3) Le HCOB PMI (indice des directeurs d’achat) flash est un indicateur avancé de la valeur finale de l'indice HCOB PMI. Cette estimation est basée sur environ 85 % à 90 % des réponses à l'enquête PMI mensuelle, L’indice PMI fournit des informations profondes sur le développement économique de la zone euro et en particulier des pays d'Allemagne, de la France, de l'Italie et de l'Espagne.
(4) Federal Open Market Committee, comité de politique monétaire de la Réserve Fédérale des Etats-Unis. Il détermine notamment l’évolution du taux directeur de la FED.
En avril, l’économie mondiale reste résiliente, malgré la poursuite des tensions au Moyen-Orient qui continuent d’alimenter l’inflation et la volatilité des marchés financiers.
L’activité économique mondiale demeure globalement résiliente malgré des signaux contrastés et les tensions liées au blocage du détroit d’Ormuz.
En février, la dynamique économique mondiale est restée globalement favorable dans un contexte marqué par la poursuite du recul de l’inflation mais également par des tensions géopolitiques persistantes.