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Jeudi 12 février 2026
Marchés Financiers
En janvier, la dynamique économique mondiale s’est maintenue malgré un contexte géopolitique tendu. Aux États-Unis, la croissance reste soutenue, notamment par des investissements significatifs dans l’intelligence artificielle. Parallèlement, des frictions sont apparues entre certains pays occidentaux autour du dossier du Groenland. En Europe, si la croissance a été modérée, elle accélère néanmoins, tandis que l’inflation ralentit. En Asie, la Chine reste en situation de déflation, alors que les taux longs japonais continuent de progresser. Sur les marchés financiers, le dollar s’est affaibli, l’or a atteint de nouveaux sommets avant de corriger en fin de mois et le prix du baril de pétrole a fortement progressé.
En Europe, le mois a été marqué par le bras de fer entre Donald Trump et les dirigeants de l’Union européenne concernant le Groenland et une remise en cause de l’accord sur les tarifs douaniers conclu en juin, ainsi que des pourparlers entre l’Ukraine et la Russie.
Au 4e trimestre, le PIB de la zone euro a progressé de +1,3 % en glissement annuel, soutenu principalement par les dépenses publiques et les investissements, tandis que la consommation privée est restée faible. La croissance a été portée par l’Espagne (+2,6 %), le Portugal (+1,9 %) et l’Irlande (+3,7 %) même si cette dernière enregistre un recul de -0,6 % par rapport au 3e trimestre. L’Allemagne affiche une progression plus modérée (+0,4 %) et la France réalise une croissance annuelle de +1,1 %, légèrement inférieure aux attentes mais en hausse par rapport au 3e trimestre (+0,9 %). Le taux de chômage s’établit à 6,2 % en décembre, un plus bas historique, en légère baisse depuis novembre (6,3 %).
L’inflation de la zone euro a légèrement ralenti et se situe désormais sous l’objectif de la Banque Centrale Européenne (BCE). L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) s’établit à +1,9 % en décembre en variation annuelle. Portée par les services et l’énergie, l’inflation présente cependant de fortes disparités entre pays : en décembre l’IPCH est de +3,0 % en Espagne, +2,4 % au Portugal tandis qu’il ralentit à +2,0 % en Allemagne. La France et l’Italie affichent des taux d’inflation plus faibles, respectivement +0,7 % et +1,2 % en variation annuelle. Lors de sa réunion du 5 février, la BCE a maintenu son taux de dépôt à 2 %.
Aux Etats-Unis, l’actualité de janvier a été marquée par plusieurs évènements politiques et géopolitiques majeurs. La capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par la Delta Force et la prise de contrôle annoncée par Washington de l’accès aux ressources pétrolières du Venezuela ont contribué à accroitre les tensions internationales. Par ailleurs, la proposition du président américain d’acheter ou de prendre le contrôle du Groenland a provoqué un incident diplomatique inédit entre membres de l’OTAN conduisant à des pourparlers avec le Danemark et à un accord portant sur le contrôle territorial des bases américaines présentes sur l’île. Sur le plan intérieur, Donald Trump a nommé Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell, à la tête de la Réserve Fédérale, nomination qui reste soumise à la validation du Sénat.
La dynamique économique américaine est restée positive en janvier. Le PIB du troisième trimestre a été revu légèrement à la hausse atteignant 4,4 %, porté par la consommation et la poursuite des investissements dans le secteur de l’intelligence artificielle. Les indicateurs avancés confirment cette dynamique avec une expansion du secteur manufacturier (S&P Global US Manufacturing PMI à 51,9) et des services (S&P Global US Services PMI à 52,9). Le marché du travail semble se stabiliser, avec un taux de chômage revenu à 4,4 % en décembre contre 4,5 % en novembre. Les ventes au détail progressent de +0,6 % après une phase de stagnation, bien que la confiance des consommateurs soit au plus bas historique (selon la Conference Board).
La publication des chiffres d’inflation a été perturbée par le « shutdown ». Néanmoins, l’indice des prix à la consommation (IPC) s’établit à 2,7 % en décembre en glissement annuel tandis que l’indice Core PCE¹, mesure préférée de la Réserve Fédérale (Fed), ressort à +2,8 % en novembre.
Les données économiques chinoises restent globalement décevantes, à l’exception des exportations. L’excédent commercial de 2025 était proche de 1 200 milliards de dollars en hausse de +20 %, signe d’une faiblesse de la demande interne. La croissance s’est maintenue à +4,5 % en glissement annuel au 4e trimestre (contre +4,8 % au trimestre précédent), permettant néanmoins aux autorités d’atteindre l’objectif fixé de 5 %. Les ventes au détail ont progressé de +0,9 % en décembre (comme en novembre). Les pressions déflationnistes persistent mais s’atténuent légèrement : l’IPC de décembre progresse de +0,8 % en glissement annuel (contre +0,7 % en novembre), alors que l’indice des prix à la production (IPP) baisse à nouveau de -1,9 % en décembre (contre -2,2 % en novembre). Le secteur immobilier demeure fragile avec une baisse de -2,7 % en variation annuelle des prix des logements neufs. Dans ce contexte, la Banque populaire de Chine poursuit son soutien de la demande intérieure en maintenant ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas, avec un taux de repo à 7 jours fixé à 1,4 %, pour le huitième mois consécutif.
Les questions autour de l’indépendance de la Réserve Fédérale et des candidats potentiels à la présidence de la Fed sont restées une préoccupation majeure des investisseurs en ce début d’année. Kevin Warsh devrait succéder à Jerome Powell (sous réserve de confirmation par le Sénat). Sur le plan monétaire, la Fed a maintenu ses taux inchangés, avec une borne haute fixée à 3,75 %. La banque centrale a par ailleurs relevé à la hausse son appréciation de la conjoncture économique, soulignant la solidité de l'activité, soutenue par la résilience de la consommation des ménages et la progression des investissements des entreprises.
En zone euro, la poursuite du ralentissement de l’inflation s’est confirmée. L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) s’établit +1,9 % en décembre en variation annuelle, puis à +1,7 % en janvier, légèrement inférieur à l’objectif de la BCE. Lors de son dernier comité de politique monétaire, début février, la BCE a choisi de maintenir ses taux directeurs inchangés, avec un taux de dépôt fixé à 2 %, expliquant que ce niveau reste adapté au contexte économique actuel.
En janvier, la trajectoire des taux longs a été haussière aux Etats-Unis et plutôt baissière en Europe, poursuivant la tendance observée en 2025 de la pentification de la courbe des taux d’intérêt. Les maturités courtes restent soutenues par la perspective de baisse de taux (deux baisses attendues en 2026 par la Fed et la Banque d’Angleterre) ou de stabilité (statu quo attendu pour la BCE).
A l’inverse, les maturités longues subissent une pression haussière liée à l’ampleur des émissions obligataires à venir pour financer les dépenses d’investissement et les déficits budgétaires, tant aux Etats-Unis qu’en zone euro, notamment dans le cadre du plan budgétaire allemand.
Aux Etats-Unis, le rendement du taux souverain à 10 ans progresse de 4 points de base (pb) pour atteindre 4,21 % au 9 février. En zone euro, le rendement du Bund allemand à 10 ans recule de 1 pb à 2,84 %. En France, l’utilisation de l’article 49.3 a rassuré les marchés obligataires : le rendement de l’OAT à 10 ans recule de 13 pb pour atteindre 3,44 %. Le spread (écart de rendement) avec l’Allemagne poursuit ainsi son resserrement pour atteindre 60 pb (-11 pb), légèrement au-dessus du niveau qui prévalait avant la dissolution de juin 2024.
Sur le marché du crédit, les spreads européens se sont légèrement écartés (+1 pb sur la catégorie haute qualité « investment grade » et +3 pb sur le haut rendement « high yield »), mais pas suffisamment pour que les performances soient négatives sur le mois de janvier. L’activité du marché primaire a été très active depuis le début de l’année, avec 128 milliards d’euros d’émissions recensées au 6 février, soit une progression de 14 % sur un an. Cette offre abondante a été aisément absorbée par les investisseurs.
Les fondamentaux des marchés du crédit restent donc favorables : une forte demande des investisseurs soutenue par des rendements attractifs, des émissions saines sur le marché primaire et des fondamentaux d'entreprise solides.
Nous entamons l’année 2026 dans la continuité de 2025 avec un positionnement sur les maturités courtes pour bénéficier des politiques monétaires qui devraient rester accommodantes en 2026, une surpondération sur les pays périphériques pour profiter du rendement et de la dynamique positive de ces pays, ainsi qu’une surexposition sur le crédit pour « capter » du rendement. Bien que les spreads de crédit soient serrés, le niveau des taux de rendement demeure attractif.
Dans une logique de diversification, nous avons ajouté une exposition sur les pays émergents en devises dures. Les primes de crédit offertes sur les obligations émergentes nous paraissent attractives dans l’environnement actuel, tandis que la faiblesse du dollar constitue un facteur de soutien pour les dettes de ces pays.
En ce début d’année, les marchés actions continuent d’afficher des performances positives dans un contexte marqué par un net regain de volatilité, alimenté par les tensions géopolitiques et commerciales liées aux initiatives du président américain, notamment concernant le Venezuela, le Groenland, et l’Iran.
Ces inquiétudes se sont matérialisées par une augmentation de la prime de risque sur les actifs américains, accompagnée par une nouvelle dépréciation du dollar.
Dans le même temps, les prix des matières premières déjà tirés à la hausse par les plans d’investissements massifs dans l’intelligence artificielle, l’électrification et la défense ont continué à progresser. Cette tendance concerne aussi bien les métaux précieux comme l’or, que le pétrole et les métaux industriels. Sur le plan sectoriel, après un mois de janvier largement favorable au secteur technologique et à celui des matériaux, le début du mois de février se caractérise par un souhait de diversification des investisseurs, avec de plus en plus de secteurs qui participent à la hausse du marché. Les secteurs traditionnellement jugés décotés ou faiblement valorisés, tels que le secteur des services aux collectivités, les télécommunications ainsi que certains secteurs délaissés ces dernières années comme la chimie ou le secteur alimentaire et boissons, enregistrent un rebond notable.
La saison des résultats du quatrième trimestre 2025 s’inscrit dans la continuité des trimestres précédents, avec une croissance des bénéfices supérieure aux attentes aux Etats-Unis mais aussi en Europe, dans une moindre mesure. Les secteurs qui surpassent le plus les attentes sont à nouveau les secteurs financiers et technologiques. Toutefois, la volatilité des titres lors des publications demeure élevée, les marchés sanctionnant fortement tout ralentissement, même minime, de la dynamique de croissance des revenus, comme illustré récemment par les publications de Microsoft et SAP. Plus généralement, les inquiétudes sur la monétisation et le financement des investissements dans l’intelligence artificielle sont revenues sur le devant de la scène. Même en cas de bons résultats, plusieurs entreprises technologiques américaines ont connu de nettes sanctions boursières à l’annonce d’investissements supérieurs aux attentes dans l’intelligence artificielle. Le marché a aussi largement discriminé les secteurs perçus comme des « gagnants » de l’intelligence artificielle et ceux considérés comme des « perdants ». A ce titre, le secteur des médias et le secteur des services logiciels ont affiché des performances largement négatives.
Dans ce contexte, au 9 février, les marchés développés progressent de +3,23 % depuis le début de l’année selon l’indice actions monde MSCI World (en dollar), soit une performance de +1,77 % pour un investisseur européen (indice MSCI World en euro). L’indice large des actions américaines S&P500 affiche une performance de +1,85 % (en dollar), celui des actions de la zone euro, l'Euro Stoxx 50 progresse de +4,70 % (en euro) et celui des actions japonaises TOPIX de +10,99 % (en yen). La performance des marchés émergents reflétée par l’indice MSCI Emerging Markets est quant à elle de +9,69 % (en dollar) depuis le début d’année.
Nous conservons notre vue constructive et avons augmenté notre allocation actions en renforçant nos positions sur les actions américaines et émergentes. Sur les actions américaines, nous avons profité d’un moment de baisse de la valorisation relative aux autres marchés actions et anticipons un rebond de la croissance au premier trimestre grâce aux baisses de taux opérées en 2025 et une politique budgétaire expansionniste. Les marchés émergents devraient quant à eux rester soutenus par la baisse du dollar, un différentiel de croissance favorable par rapport aux pays développés, une valorisation raisonnable et une forte exposition aux valeurs technologiques. Sur le plan tactique, nous maintenons notre diversification sur les petites et moyennes capitalisations de la zone euro et notre vue positive sur les actions allemandes. Au niveau sectoriel, nous avons légèrement augmenté notre exposition au secteur des matériaux et à celui des services aux collectivités. A contrario, nous avons diminué notre exposition aux secteurs de la consommation et de l’assurance.
(1) L’indice « core PCE cœur » correspond à l’indice des dépenses de consommation corrigé des éléments les plus volatils de l’alimentation et de l’énergie.
Résilience économique et performances au rendez-vous pour les fonds Amundi..
Pour la troisième année consécutive, plus de 70 % des classes d’actifs terminent l’année de façon positive.
En novembre, la dynamique économique mondiale est plus nuancée et le contexte géopolitique reste tendu. Aux États Unis, l’activité reste soutenue grâce à l’investissement productif mais les perspectives de la consommation se détériorent. En Europe, une phase de croissance et d’inflation faible se confirme.