Marchés Financiers
21/05/2026 : Le point sur les marchés financiers mai 2026
Une économie mondiale résiliente dans un environnement toujours incertain
En avril, l’économie mondiale reste résiliente, malgré la poursuite des tensions au Moyen-Orient qui continuent d’alimenter l’inflation et la volatilité des marchés financiers. Le blocage du détroit d’Ormuz a particulièrement pesé sur l’Europe, très exposée au choc énergétique, tandis que les économies asiatiques, également très touchées, ont tenté d’en atténuer l’impact via des mesures budgétaires.
Dans ce contexte, les banques centrales sont restées prudentes et ont maintenu leurs taux directeurs inchangés, malgré des anticipations de durcissement à venir dans certains pays. Les marchés actions ont fortement rebondi, portés par les valeurs technologiques et par les bons résultats d’entreprises américaines. Le pétrole est resté très instable à des niveaux élevés. Enfin, le dollar s’est légèrement affaibli, sans pour autant soutenir l’or qui a poursuivi son repli.
Quelles perspectives pour les marchés ?
➡️Zone euro : une économie sous pression face au choc énergétique
En zone euro, l’économie a été touchée de plein fouet par le choc énergétique. La croissance du PIB au 1er trimestre s’est établie à 0,8 % en variation annuelle, en dessous des attentes.
Les indicateurs publiés en avril confirment ce ralentissement. L’indice PMI Flash1 composite HCOB2 est retombé à 48,6 contre 50,7 en mars, repassant sous le seuil de 50 pour la première fois depuis 16 mois. La dégradation est particulièrement visible dans les services, en particulier en Allemagne, tandis que le secteur manufacturier résiste davantage, soutenu par des achats de précaution liés aux craintes de hausses de prix et aux tensions sur les approvisionnements.
En Allemagne, l’indice ZEW du sentiment économique3 a enregistré sa troisième plus forte baisse mensuelle historique, reflet d’un pessimisme croissant face à l’escalade du conflit au Moyen-Orient.
La confiance des consommateurs continue également de se détériorer, à des niveaux proches de ses plus bas historiques. Le taux de chômage de la zone euro reste néanmoins stable à 6,2%.
➡️États-Unis : une dynamique toujours soutenue, portée par l’IA
L’économie américaine continue de faire preuve de résilience malgré le choc énergétique ; la croissance du PIB au 1er trimestre ressort à 2,0 %, légèrement sous les attentes du consensus à 2,2 %.
Les ventes au détail ont rebondi de +1,7 % en mars après +0,7 % en février, leur plus forte hausse depuis un an, malgré la forte hausse des prix de l’essence. Les remboursements d’impôts ont également soutenu le pouvoir d’achat de nombreux ménages. En revanche, la confiance des consommateurs s’est fortement dégradée. L’indice de confiance des consommateurs américains (Enquête mensuelle de l’Université du Michigan) est tombé à 49,8 en avril contre 53,3 en mars, soit un plus bas historique, sur fond d’inquiétudes liées au conflit en Iran.
Le marché de l’emploi demeure solide : les demandes d’allocations chômage restent proches de leurs plus bas niveaux de l’année, tandis que le taux de chômage est stable à 4,2 %. Les investissements liés à l’Intelligence Artificielle continuent par ailleurs de soutenir l’activité. Les enquêtes ISM manufacturier et S&P PMI signalent une poursuite de l’expansion économique et un climat des affaires encore favorable. Le Fonds Monétaire International anticipe désormais une croissance américaine de 2,3 % en 2026, soit le rythme le plus élevé parmi les pays du G7.
➡️Chine : une activité encore solide malgré les tensions commerciales
En Chine, l’économie semble pour l’instant davantage affectée par les droits de douane américains et européens que par le choc énergétique.
La croissance du PIB au 1er trimestre est ressortie à 5,0 % contre 4,5 % au trimestre précédent. La production industrielle a progressé et les indicateurs avancés sont plutôt orientés à la hausse, avec notamment un indice PMI manufacturier publié par RatingDog4 à 52,2.
En revanche, la consommation montre des signes d’essoufflement : les ventes au détail ont ralenti à 1,7 % en mars contre 2,8 % en février. Le taux de chômage dans les grandes villes est resté stable à 5,4 %.
On observe également une baisse des exportations entrainant un net repli de l’excédent commercial en mars. Sur le front des prix, les prix à la production repassent en territoire positif à +0,5 % en mars (après -0,9 % en février), tandis que l’indice des prix retombe à 1 %. Dans ce contexte, la banque centrale chinoise maintient une politique monétaire accommodante, avec un taux LPR à cinq ans5 inchangé à 3,5 %.
Retour sur les principales classes d’actifs
➡️Banques centrales : prudence face aux incertitudes
La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) ont maintenu une posture attentiste dans un environnement marqué par de fortes incertitudes. Aux États-Unis, l’économie reste solide, mais l’inflation demeure élevée sous l’effet de la hausse du pétrole. L’indice des prix à la consommation progresse de 3,3 % pour l’indice global et 2,6 % pour l’inflation sous-jacente. Les anticipations d’inflation ont également progressé mais devant l’incertitude toujours élevée, la Fed a maintenu ses taux inchangés en fin de mois dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %.
En zone euro, l’inflation est remontée plus fortement que prévu à 3 % en avril, contre 2,60 % en mars, tandis que l’inflation cœur ne réagit pas encore et remonte seulement à 2,2 %. Malgré une activité économique fragile, la BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés à fin avril (2 % pour le taux de dépôt), tout en restant vigilante face au risque d’une aggravation des tensions sur les prix.
Au final, les deux banques centrales restent prudentes : la Fed demeure attentive à la préservation de la croissance tandis que la BCE reste davantage préoccupée par le risque inflationniste.
➡️Marchés obligataires : des taux toujours élevés
En avril, les marchés obligataires ont d’abord bénéficié d’un fort rallye après les annonces de cessez-le-feu en Iran et la perspective d’un rétablissement du trafic dans le détroit d’Ormuz. Mais, à partir du 17 avril, le blocus américain du détroit et la crainte d’une reprise de l’inflation ont provoqué une remontée des rendements obligataires, notamment sur les maturités courtes. Aux Etats Unis, le taux des US Treasuries à 2 ans a ainsi progressé de 8 points de base (pb) sur le mois à 3,87 %, tandis que le taux 10 ans américain a fini à 4,37 % (+5 pb).
En Europe, les taux ont également augmenté. Le taux allemand à 2 ans a augmenté de 3 pb à 2,64 %, et le Bund allemand à 10 ans dépasse à nouveau les 3 %, tandis que le marché anticipe désormais deux à trois hausses de taux directeurs de la BCE cette année. Ce mouvement s’est accompagné d’un resserrement des spreads souverains de la zone euro : l’écart OAT-Bund s’est réduit de 6 pb à 66 pb, tandis que le BTP-Bund s’est resserré de 8 pb à 82 pb. Au Royaume-Uni, les Gilts à 10 ans ont franchi le seuil des 5 % de rendement, tandis qu’au Japon, le rendement du JGB à 10 ans a également dépassé 2,5 % (+50 pb depuis mars).
Sur le marché du crédit, la tendance est restée positive, dans le sillage du rebond des marchés actions. Les spreads se sont resserrés et le marché primaire est resté par ailleurs très actif, malgré des difficultés persistantes rencontrées par les fonds de dette privée.
Notre gestion :
Sur les marchés obligataires, les taux souverains sont restés élevés après leur mouvement haussier du mois de mars. Nous avons ainsi renforcé notre exposition à la duration sur les obligations italiennes à 10 ans (BTP), en complément de nos stratégies sur le Gilt UK et les obligations allemandes à 5 ans.
Enfin, nous conservons une surexposition sur les obligations d’entreprises (Investment Grade), la dette émergente ainsi qu’à la dette subordonnée bancaire, dans une logique de diversification et de recherche de rendement.
➡️Marchés actions : un rebond porté par les valeurs technologiques
Les marchés actions ont enregistré un fort rebond en avril, avec une progression comprise entre 9% et 10 % pour les principaux indices mondiaux. La volatilité a baissé après l’annonce du cessez-le-feu en Iran et l’abandon des poursuites visant J. Powell.
Cette tendance a principalement été portée par les valeurs technologiques avec un Nasdaq en hausse de +15,6 %, ainsi que par les marchés japonais et émergents. Le Nikkei progresse ainsi de +16 %, tandis que le MSCI Emerging Markets gagne +15,8 % sur le mois d’avril.
L’Europe, davantage fragilisée par le blocage du détroit d’Ormuz et le nouveau choc énergétique, a sous-performé. L’Euro Stoxx 50 affiche une hausse plus limitée de +5,6 %, dans un contexte également marqué par l’appréciation de l’euro.
Aux Etats-Unis, le S&P 500 a fortement rebondi, franchissant le nouveau seuil des 7 200 points après avoir touché un point bas autour de 6 400 points fin mars.
Les marchés asiatiques ont également connu un très fort rebond : la Corée du Sud s’est particulièrement distinguée avec une hausse de près de 30 % du Kospi. A Taiwan, le TAIEX progresse de 24% en dollars, soutenu notamment par les excellents résultats de TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company), porté par la forte demande de puces pour l’Intelligence Artificielle.
La Chine affiche en revanche une performance plus modérée, avec une progression de 9% de l’indice CSI 300.
Notre gestion :
Sur les marchés actions, des vents porteurs plus favorables pour le secteur de la technologie et une moindre dépendance énergétique des Etats Unis nous ont amenés à surpondérer tactiquement les valeurs technologiques américaines. En parallèle, nous conservons nos convictions de long terme sur l’Europe, le Japon et les pays émergents malgré leur sensibilité plus forte à la hausse du prix du pétrole.
Notre objectif étant d’équilibrer les opportunités à court terme avec nos convictions à long terme.
En Europe, le cycle d’investissement devrait continuer de soutenir les secteurs liés à l’autonomie stratégique disposant d’un fort pouvoir de fixation des prix. Notre allocation reste donc orientée vers les valeurs industrielles, les matériaux et les services aux collectivités. A l’inverse, nous restons sous-pondérés sur les secteurs liés à la consommation. Nous maintenons également une surpondération des banques, compte tenu de bénéfices résilients et d’une valorisation qui reste attractive.
Compte tenu des incertitudes persistantes autour de la situation en Iran, nous poursuivons une gestion active de nos protections optionnelles.
1. Un indice PMI Flash est un indicateur avancé de la valeur finale d’un indice d’activité, PMI, Cette estimation est basée sur environ 85 % à 90 % des réponses à l'enquête PMI mensuelle auprès des directeurs d'achat des grandes entreprises.
2. Le HCOB PMI (indice des directeurs d’achat) est un indice économique central qui est développé en coopération entre Hambourg Commercial Bank (HCOB) et S&P Global. Cet indice fournit des informations profondes sur le développement économique de la zone euro et en particulier des pays d'Allemagne, de la France, de l'Italie et de l'Espagne.
3. L’indice ZEW (centre de recherches économiques européennes) repose sur une enquête mensuelle auprès d’experts financiers. Il leur est demandé s’ils anticipent une amélioration, une stabilité ou une détérioration de la situation économique.
4. RatingDog : Société chinoise spécialisée dans la fourniture d'analyses de crédit indépendantes, de données sur le marché obligataire et d'indicateurs macroéconomiques aux investisseurs institutionnels mondiaux.
5. LPR (Loan Prime Rate) à 5 ans : taux de référence pour les taux hypothécaires.
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