Marchés Financiers

09/11/2021 : Le point mensuel sur les marchés financiers

La croissance mondiale des marchés développés poursuit sa dynamique avec néanmoins des évolutions inverses en octobre : un essoufflement en Europe mais une amélioration aux Etats-Unis. Du côté des émergents, les perspectives économiques ont, pour leur part, continué de se dégrader. En parallèle, la pénurie des matières premières continue de s’intensifier avec un écart de plus en plus important entre l’offre et la demande partout dans le monde, entrainant ainsi une hausse significative des prix des matières premières et de l’énergie. Dans ce contexte inflationniste, les banques centrales ont ouvert la porte à une normalisation de leur politique monétaire. 

Etats-Unis

Malgré les perturbations des chaînes d’approvisionnement, l’activité du secteur manufacturier et du secteur des services continue de se renforcer. 
Sur le front budgétaire, après une longue attente, le Congrès américain a fini par voter le plan de relance dans les infrastructures. Ce soutien budgétaire supplémentaire sera un facteur de soutien important pour l’économie américaine. Il doit encore être complété par le volet sur le climat, l’éducation et la santé, mais cette seconde partie nécessite des discussions supplémentaires. En attendant, l’étape franchie apportera un support additionnel au marché du travail dont le redressement s’est poursuivi en octobre.

Zone euro

En Europe, plusieurs pays font face à une augmentation du nombre de contamination journalière laissant ressurgir un risque sanitaire. La faiblesse du taux de vaccination dans les pays de l’Est préoccupe particulièrement mais pas uniquement, la situation inquiète également en Allemagne ou aux Pays-Bas. 
La pénurie des produits intermédiaires continue de peser sur la production en Europe ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement, plafonnant l’activité manufacturière. Tous ces facteurs pèsent sur le rebond économique de la zone européenne. L’inflation est en hausse en octobre avec un niveau à 4,1%, soutenu par le rebond de la demande. Les ventes au détail ont augmenté de 0,3 % en août (0,0 % sur 12 mois), tandis que la production industrielle a diminué de 1,6 % sur le même mois (+5,1 % sur 12 mois). Enfin, le taux de chômage est resté stable en aout à 7,5%. 

Emergents, Chine

L’économie Chinoise continue de ralentir et ceci en dépit de la levée de la plupart des mesures de distanciation sociale. Cette baisse des prévisions s’explique principalement par le ralentissement du secteur du logement, les restrictions de consommation d’énergie et la pénurie globale de semi-conducteurs. Dans ce contexte, nous avons revu à la baisse nos prévisions de croissance pour l’année en cours de 8.3% à 7.7%, et pour l’an prochain de 4.9% à 4.7%. 

RETOUR SUR LES PRINCIPALES CLASSES D'ACTIFS

Politique monétaire des Banques Centrales

Sur la période récente, les discours des banquiers centraux des économies développées se sont montrés globalement plus accommodants et plus prudents que ce que les marchés anticipaient dans un contexte d’une inflation persistante.
Ainsi, Janet Yellen s’est dite confiante quant au contrôle de l’inflation et attend une normalisation des prix au second semestre 2022, à mesure que les tensions sur les chaînes d’approvisionnement liées à la réouverture des économies s’apaiseront. Début novembre, la Fed a revu un peu son discours sur l’inflation, estimant que celle-ci devrait durer un peu plus longtemps qu’initialement attendu, mais a maintenu qu’elle serait toujours accommodante. La Banque Centrale américaine a annoncé le début de la réduction de ses achats d’actifs dès novembre, à hauteur de 15 milliards de dollars par mois. Elle devrait conserver cette cadence chaque mois, si bien que son programme sera totalement arrêté mi-2022. Mais la Fed entend ne pas se précipiter dans le relèvement de ses taux directeurs jugé prématuré à ce stade du cycle économique, d’autant que la cible de plein emploi est encore trop éloignée.
Lors de sa dernière conférence de presse, Mme Lagarde, tout en reconnaissant que le pic d’inflation actuel allait durer un peu plus longtemps que prévu, a insisté sur le fait qu’il y avait encore du chemin avant d’atteindre l’objectif à moyen terme d’inflation de la BCE. Elle a également confirmé que des changements sur le programme d’achat BCE seraient annoncés lors du meeting de Décembre, en même temps que la publication de ses nouvelles prévisions économiques. Elle a cherché à modérer les attentes des investisseurs sur les relèvements de taux directeurs, en stipulant qu’il n’y aurait pas de hausse tant que l’inflation n’atteindra pas 2% avant la fin de la projection et n’y reste pas sur l’horizon de prévision, et que les pressions sous-jacentes permettent de tabler sur un maintien des taux d’inflation aux niveaux ciblés.
Enfin, notons que la Banque Centrale d’Angleterre a surpris les marchés lors de son dernier conseil, en effet elle n’a pas délivré la hausse de taux attendue par les investisseurs et s’est montrée plus prudente dans son discours. 

Marchés obligataires 

En octobre, les anticipations d’inflation ont continué de remonter notamment dans la zone euro, où celles des investisseurs financiers à 5 ans dans 5 ans ont, pour la première fois depuis sept ans, dépassé la cible de la BCE de 2%, notamment du fait des craintes liées à la crise énergétique ainsi que l’intégration des risques inflationnistes croissants et plus durables (pénuries, difficultés d’approvisionnement, hausse des salaires). Cela a également contribué à la remontée des taux souverains européens et américains, car l'inflation est restée le principal sujet de discussion des acteurs du marché. La hausse des prix de l'énergie et les contraintes d'approvisionnement ont fait craindre aux investisseurs obligataires un ralentissement de la croissance mondiale. Le rendement des obligations souveraines à 10 ans aux US et en Allemagne a ainsi atteint respectivement 1.70% et -0.10%. Ce mouvement de progression des taux s’est accompagné d’un aplatissement des courbes obligataires, le segment le plus court progressant plus que la partie longue. Cependant, depuis le début de novembre nous avons assisté à un renversement de tendance sur les marchés obligataires avec un fort repli des rendements, l’analyse des réunions de politiques monétaires des principales Banques centrales ayant remis en cause une anticipation assez agressive sur les futures hausses de taux.
Sur le marché des obligations privées, l’activité sur le marché primaire a été particulièrement soutenue, avec un total de plus de 100 milliards d’euros d’émissions sur le seul mois d’octobre. L’appétit des investisseurs pour cette classe d’actifs est toujours bien présent ce qui, cumulé avec les achats de la BCE, permet aux spreads de crédit de se maintenir sur des niveaux historiquement serrés. 

Marchés Actions

Le mois d’octobre a été riche en actualités avec des marchés qui devaient arbitrer entre les publications macro-économiques mitigées selon les zones géographiques, les annonces des banques centrales dans un contexte inflationniste accentué par la crise énergétique, et la publication des résultats des entreprises qui se sont avérées à nouveaux meilleures qu’attendues. Les marchés mondiaux ont évolué au gré de ces thématiques et, la prudence des banques centrales, mais surtout les bons résultats des entreprises, ont finalement permis à plusieurs indices des marchés développés d’aller chercher des records historiques. Ainsi, la hausse des profits des entreprises et l’environnement de taux maintenu à des niveaux très bas a propulsé l’indice CAC 40 à un niveau record jamais connu, au-dessus des 7000 points. Exprimées en devise locale, les actions des grandes capitalisations françaises continuent de garder la 1ère place des indices les plus performants depuis le début de l’année avec plus de 25%.
Sur le mois écoulé, l’ensemble des indices mondiaux sont en hausse, à l’exception des actions japonaises. Le S&P 500 affiche la meilleure performance portée par les valeurs de croissance et de qualité dans un contexte où plus de 2/3 des entreprises ont surpris le consensus à la hausse, à la fois sur les chiffres d’affaires et les résultats. La saison des résultats touche à sa fin et laisse un 1er bilan solide où finalement la plupart des entreprises ont réussi à limiter l’impact de la hausse des prix sur les marges. En zone Euro, les performances sectorielles sont à l’image de cet environnement multi thématiques. Le début de mois était plutôt axé sur le thème de la « value » avec la surperformance du secteur de l’Energie porté par la hausse des prix, et les valeurs financières favorisées dans le contexte de hausse des taux. Depuis la mi-octobre, c’est le thème de la « croissance » et les secteurs positivement impactés par la baisse des taux d’intérêts qui ont porté la hausse des indices. 
Cet environnement de croissance qui reste soutenue, conjugué avec des banques centrales encore très prudentes malgré la future stabilisation des programmes d’achats d’actifs, ainsi que la bonne capacité des entreprises à faire face à la hausse des prix à la production, reste finalement positif à court terme pour les marchés actions. Nous sommes notamment positifs sur les actions italiennes et japonaises, pour leur profil cyclique.
Enfin, nous avons profité de ce changement de régime de marché pour prendre nos bénéfices sur les valeurs liées à la santé, après les bonnes publications du 3ème trimestre. Nous continuons à favoriser les secteurs cycliques de la zone euro, les ressources de base ainsi que le secteur de l’automobile qui nous semblent encore pouvoir bénéficier du redémarrage de l’activité globale.